NoLauMa

crédit photo : A. Vanderhaegen - CHRU Lille

CHRU de Lille : 2.0 et multimédia, une même démarche tournée vers les patients

Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille. Au programme, la place du 2.0 à l’hôpital, la stratégie digitale du CHRU et les grands projets en cours.

Quelle place occupe la communication digitale au sein de la communication globale du CHRU de Lille ?

Tout d’abord, il faut savoir que le digital c’est déjà une longue expérience au sein du CHRU. Je suis moi-même présente depuis 10 ans et j’ai été embauchée, en partie, pour gérer les sites intranet et extranet, ceux-ci étant préexistant à mon arrivée. Si on parle du 2.0, c’est bien évidemment beaucoup plus récent. D’une façon plus générale, le digital représente une petite partie de la communication globale du CHRU. Il y a tout d’abord tout le versant communication institutionnelle, la communication vers le patient avec les plaquettes et livrets d’information, l’affichage dans les services et enfin il y a la communication externe. Aujourd’hui, le digital se place plus sur ce champ, vers les publics extérieurs à l’hôpital.

L’outil principal de la communication digitale du CHRU de Lille, c’est encore le site institutionnel ?

Effectivement, www.chru-lille.fr est notre principal outil. Il évolue régulièrement. D’ailleurs une nouvelle version doit voir le jour fin février / début mars. Les réseaux sociaux vont venir compléter le site et nous apporter ce que le site institutionnel ne nous apporte pas en termes d’échanges.

Aujourd’hui, le CHRU, au sein de son projet d’établissement, se tourne vraiment vers l’usager. C’est-à-dire mettre l’usager au cœur de l’hôpital en termes de décision, d’avis d’opinion, de satisfaction. On souhaite donc échanger plus largement avec les patients, les usagers… et c’est en ce sens que nous pensons et réfléchissons au déploiement des réseaux sociaux. De fait, pour l’instant, le site institutionnel n’est pas un blog, il n’est pas ouvert aux commentaires…

Vous dites, pour l’instant ce n’est pas un blog. C’est une piste à laquelle vous réfléchissez ?

C’est une piste à laquelle nous avons réfléchi. Mais elle a achoppé sur un point : la gestion du blog, les ressources nécessaires pour publier au quotidien, répondre aux commentaires… Si un jour, les ressources sont disponibles, je pense que c’est une facette à laquelle nous réfléchirons de nouveau car le blog est un outil spécifique qui a une réelle place dans une stratégie de communication digitale.

À l’heure actuelle, le 2.0 au CHRU de Lille, c’est donc essentiellement le compte Twitter ?

Notre compte est ouvert depuis novembre 2011. Cette ouverture de compte a été réalisée suite à une veille spécifique sur le Web, sur les réseaux sociaux autour de la santé, de l’e-santé… Sur la base de cette veille et de son analyse, il a été décidé d’investir le champ des réseaux sociaux en commençant donc par Twitter.

Très concrètement, Twitter est la première brique de notre démarche 2.0. La prochaine sera constituée par une chaîne You Tube. Le CHRU dispose d’énormément de vidéos de part la présence d’une cellule vidéo intégrée en son sein. Au départ, cette cellule était dédiée à une approche pédagogique, à but d’enseignement et, au fil du temps, les différents services s’en sont emparés en se disant “puisqu’il y a une cellule vidéo, ce serait bien de réaliser des films pour les patients”… nous avons donc une base vidéothèque à disposition pour ouvrir notre chaîne.

Aujourd’hui, ces vidéos sont donc diffusées en interne… ?

Tout à fait. La plupart sont utilisées par les services notamment pour celles décrivant une prise en charge, un traitement… une opération de la myopie par laser par exemple. Avant la procédure chirurgicale, les équipes présentent la vidéo au patient, cela lui permet de mieux comprendre, de dédramatiser. L’autre partie est constituée de vidéos liées à des événements, des actualités propres au CHRU.

Pour revenir sur Twitter, en regardant l’usage que vous en faites sur les 15 derniers jours, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup d’échanges, de réponses à des questions, de précisions apportées suite à des tweets… Est-ce une réelle volonté de ne pas utiliser Twitter comme un outil de diffusion mais réellement pour un usage social ?

C’est le réel but de notre compte Twitter. C’est un outil d’échange et de dialogue. Que ce soit pour répondre à des questions concernant les recrutements au sein du CHRU ou pour dialoguer avec le grand public. Bien évidemment, nous y postons aussi nos informations liées à l’actualité, la recherche, etc. Mais celles-ci étant déjà sur le site internet, le compte Twitter doit apporter un plus et ne pas être un simple fil d’infos. C’est aussi un outil pour faire vivre l’actualité du CHRU vue par les médias. Ainsi, je tweete ou retweete régulièrement des articles ou des interviews relatifs à des médecins, des professionnels de santé, des collaborateurs du CHRU… D’ailleurs, ce type de tweet peut déclencher une ou des conversations avec les twittos.

Nous sommes aussi interpellés directement sur Twitter. Ainsi, si je prends l’exemple d’une question liée au recrutement sur les postes infirmiers, je m’adresse au RH, je récupère la bonne information et je la tweete en réponse le plus rapidement possible.

Ce phénomène est encore assez faible. Il faut se dire que l’hôpital, vu de l’extérieur, peut être vécu comme une institution, quelque chose d’énorme, et le, les publics n’ont pas encore l’habitude de dialoguer avec nous. Nous sommes encore au début des échanges 2.0.

À travers ces premiers échanges, est-ce que vous pouvez déjà dresser une typologie des twittos qui vous interpellent, interagissent avec le CHRU via Twitter ?

Aujourd’hui, ce sont majoritairement des professionnels, pas forcément pour une question liée à un poste, au recrutement… mais aussi pour des questions médicales, liées à un événement au sein du CHU ou pour nous encourager dans cette démarche : “Ce que vous faites c’est bien, continuez…”.

Ces professionnels de santé twittos, ils sont dans l’établissement ou s’agit-il de professionnels extérieurs au CHRU ?

Les deux profils sont présents. Qu’ils s’agissent de médecins du CHRU qui tweetent avec leur compte personnel ou de ceux qui sont extérieurs, dans d’autres établissements ou en ville. Pour ces derniers, il s’agit d’échanges, d’encouragements mais également de questions très concrètes : “Comment avez-vous fait pour convaincre la direction de lancer un compte Twitter, chez nous ils sont un peu frileux… ?”.  Petite particularité aussi, la majorité de ce type d’échanges a lieu avec des établissements ou des professionnels en dehors de l’agglomération lilloise voir en dehors du Nord Pas-de-Calais.

En dehors de l’hôpital de Loos avec qui nous conversons un peu via leur compte Twitter, il n’y a pas encore de véritable dialogue avec d’autres établissements ou des professionnels de santé de notre bassin, de notre région… Sur la région, les échanges se font plus avec les institutions et les médias.

Les patients internautes arrivent souvent directement sur la home de leur établissement de santé ou d’un établissement de santé lorsqu’ils recherchent de l’information… et aujourd’hui, lorsqu’on regarde la home du CHRU de Lille, il n’y est pas fait mention de votre présence sur les réseaux sociaux via une icône, un “suivez-nous sur Twitter”…

Effectivement, à l’heure actuelle, il n’y a pas de promotion autour du compte… mais sur la prochaine version du site, le fil Twitter sera intégré et le compte promu dès la home page. De même, il sera possible de liker les articles via son compte Facebook.

Il devrait donc y avoir plus d’abonnés, d’interactions avec les patients, le grand public, les associations de patients… ?

C’est le but poursuivi pour le grand public et les patients. Pour les associations de patients, nous avons déjà beaucoup d’échanges avec elles via la maison des usagers qui est au sein du CHRU. Depuis son ouverture, il y a un peu plus d’un an, les échanges se sont naturellement intensifiés et nous privilégions la relation directe. Bien évidemment, des associations se sont abonnées au compte du CHRU et en retour, nous les suivons. D’une façon plus générale, la réciprocité sur le principe “tu me suis, je te suis” est un élément qui nous tient à cœur dans la gestion du compte Twitter.

Twitter, c’est aussi la possibilité de réaliser une veille. En termes d’outils, utilisez-vous des logiciels spécifiques pour gérer le compte ou pour réaliser cette veille ?

Pour la veille, nous n’avons pas d’outil dédié mais nous sommes en train d’étudier la question. Actuellement, on penche pour une solution qui s’appelle Synthesio. Cette solution est celle qui semble le plus répondre à nos attentes en termes de veille, elle est totalement automatisée, on définit ses critères de veilles, les mots clés, l’analyse est également fournie. C’est réellement un outil qui permet de gagner du temps. Aujourd’hui, la veille me prend plus de temps que l’alimentation, la gestion du compte.

Pour la gestion du compte, actuellement j’utilise TweetDeck. Dans une proche étape, je souhaiterais pouvoir mettre en place une gestion collaborative avec d’autres personnes du CHRU, des personnes référentes selon les questions et les conversations, les services, les différents établissements… afin de gagner en rapidité et en dialogue.

D’ailleurs certains services souhaiteraient développer une présence sur les réseaux sociaux mais eux aussi sont face à un problème de ressources. Concrètement, ils ont très peu de temps. Donc, dans un premier temps, je leur propose de développer d’abord un espace Web au sein du site institutionnel afin de présenter leur service, délivrer de l’information…

En termes de dialogue, d’échanges et d’animation de la communauté qui vous suit sur Twitter, avez-vous déjà organisé ou réfléchi à l’organisation d’un tweetchat autour d’un thème tel que parcours de soins ville-hôpital afin, justement, de favoriser le dialogue ville- hôpital ?

Pas encore. En termes d’événements sur Twitter, nous avons réalisé quelques live tweets sur quelques événements. Par exemple, le CHRU organise, à la médiathèque, des “midis philosophiques“ qui sont destinés aux patients mais également aux soignants et certains ont fait l’objet de live tweets. Dans le même ordre d’idée, nous avons également couvert un congrès en direct sur notre compte Twitter.

Concernant les tweetchats, nous n’en avons pas organisé mais c’est une idée que je note. De fait, sur certains sujets nous avons besoin de l’avis de l’extérieur et Twitter peut être un moyen de faire remonter des avis, des opinions, des propositions et des idées de différents publics. Je pense particulièrement aux médecins généralistes. Nous n’avons pas de liste de diffusion des médecins généralistes présents sur le territoire de soins du CHRU et nous n’avons pas les moyens de la constituer. Le tweetchat thématique, programmé à l’avance et promu via Twitter en amont, pourrait nous permettre d’améliorer le dialogue ville-hôpital, de plus en plus de médecins de ville étant présents sur Twitter.

Le 2.0 demain au CHRU, c’est donc la page Facebook qui va être activée ?

Effectivement, nous avons une page Facebook officielle depuis plusieurs années, août 2008 précisément, mais celle-ci est inactive actuellement. Nous l’avons créée afin de prendre pieds de façon officielle et bloquer la création de page Facebook sur le CHRU et ainsi maîtriser notre e-réputation. En 2008, il existait au moins 6 pages Facebook qui pouvaient passer pour être la page officielle et dont nous ne connaissions pas les créateurs et administrateurs. Via Facebook, nous avons pu récupérer toutes ces pages qui se revendiquaient du CHRU, et ce assez facilement d’ailleurs. Nous avons supprimé ces pages et nous n’en avons conservé qu’une seule, la page officielle, estampillée CHRU de Lille…

Je reviens rapidement sur Twitter. Votre compte est-il certifié ?

Non, il ne l’est pas et, malheureusement, d’après le centre d’aide en ligne de Twitter il n’est pas possible de la demander, c’est Twitter qui décide de lui-même de certifier certains comptes. Pourtant, certains comptes français ont pu l’être après une demande directe auprès de Twitter (cf. article du Huffingtonpost.fr d’août dernier). C’est évident qui si les CHU, les établissements de santé, les professionnels de santé pouvaient faire certifier leur compte ce serait un gage supplémentaire de crédibilité pour les twittos. D’ailleurs sur Facebook, ce procédé serait également bienvenu.

Et donc pour revenir sur la page Facebook et son activation ?

C’est l’un des projets pour l’année 2013. Il fait partie de notre montée en puissance sur les réseaux sociaux.

Pour ce projet, vous êtes accompagnés de ressources externes, de conseils ?

Non, toute la stratégie et la définition du projet sont gérées en interne. Le service communication comporte 12 personnes dont 4 chargées de communication et nous sommes nos propres ressources, nos propres consultantes et expertes. Bien évidemment, selon les projets, il nous est possible de faire appel à l’extérieur, notamment sur des aspects techniques ou technologiques.

Avez-vous un lien avec la DSI sur ces sujets ?

Tout à fait, j’ai un correspondant au sein de la DSI avec qui je travaille en binôme. Il est “mon technicien attitré” si je puis dire, mon webmaster et développeur. Les sites sont gérés par un CMS dont il a la charge et moi je développe en html. En résumé, il s’occupe du “dur” et moi du reste.

Et au-delà de Facebook, vous avez d’autres projets ?

L’un des sujets sur lequel nous nous penchons, ce sont les serious games et leur apport en éducation thérapeutique des patients. Les services ne se sont pas encore emparés du sujet mais nous allons les sensibiliser. Ne serait-ce qu’en pédiatrie, l’apport des serious games peut être intéressant. Nous pourrions commencer par des sujets tels que l’asthme… évaluer l’impact et l’apport puis développer des serious games dans différentes pathologies. D’ailleurs, ces serious games pourraient prendre place au sein de la page Facebook et donc être des social serious games.

Pour la page Facebook du CHRU, qui va donc prendre vie avant la fin d’année, quel est l’objectif principal ? Se tourner vers le grand public ? 

Effectivement, et notamment via un large usage de l’illustration. Le but est de faire comprendre et rendre humain le CHRU. Le CHRU c’est 12 hôpitaux, 14 000 personnes au service des patients. Vu de l’extérieur ça peut ressembler à une grande machine. Facebook va nous permettre d’humaniser, d’être pédagogue sur ce qu’est le CHRU, les hôpitaux, les services… de faire découvrir la vie spécifique à chaque hôpital. Facebook sera un outil à la fois relationnel et pédagogique. Nous pourrons expliquer, en image, comment différencier une sage-femme d’une puéricultrice, présenter un service via un mini-reportage photos. Facebook est donc complémentaire au site institutionnel et au compte Twitter. Bien évidemment, la page Facebook promouvra également les vidéos de la chaîne You Tube.

Et pour la chaîne You Tube… ?

Comme je l’ai indiqué, c’est notre prochain sujet. Elle sera lancée avant la page Facebook. Concrètement, elle existe déjà mais n’est pas publique. Nous sommes en train de l’alimenter, de la constituer avec la matière dont nous disposons. En fait, tout est prêt, il ne reste plus qu’à cliquer pour la rendre publique. You Tube est donc en avance vis-à-vis de la page Facebook. Pour celle-ci, nous sommes encore en phase de réflexion sur la gestion des commentaires, l’alimentation, les administrateurs de la page…

Pour cette page, dans la partie infos ou ailleurs, allez-vous mettre en ligne une charte éditoriale, un guide d’usage pour les internautes qui ira plus loin que le simple à propos officiel que l’on voit souvent ?

Tout à fait, c’est une large part de notre réflexion actuelle. Il est important de définir et faire connaître aux internautes ce à quoi sert la page, ce qu’ils peuvent faire, les commentaires attendus… La réflexion doit être globale, intégrer les sujets sensibles, comment y répondre…

Au-delà de l’objectif de vulgarisation de l’hôpital, la page Facebook comportera-t-elle des informations scientifiques ou médicales ?

Pas réellement. Facebook est là pour créer un lien social et direct, faire comprendre l’hôpital. Le discours médical ou scientifique est relayé par Twitter et le restera.

Le 5 février dernier s’est déroulé une conférence intitulée “Les établissements de santé, grands absents des médias sociaux ?”…

Tout à fait, j’ai vu passer l’annonce de cette conférence et j’ai réagi immédiatement sur Twitter, via mon compte personnel, en demandant pourquoi un tel intitulé de conférence alors que presque la totalité des CHU sont présents sur le 2.0 et que les établissements de santé ne sont donc pas les grands absents des réseaux sociaux. La réponse a été “c’est une question qui est posée”.

Certes, les CHU, les établissements de santé français ne sont pas la Mayo Clinic. Mais si on tient compte du développement des réseaux sociaux en France en général et des moyens disponibles dans les établissements, on ne peut que constater que la démarche est largement engagée. Par les CHU bien sûr mais également par des établissements de plus petites tailles qui ouvrent des comptes Twitter ou des pages Facebook.

Lors de cette conférence a été, entre autre, abordé le rôle marketing et commercial que peut avoir l’usage des réseaux sociaux par les établissements de santé. Hubert Joseph-Antoine, le Directeur du Service aux Patients et de la Communication de l’AP-HP a indiqué qu’effectivement, juste après leurs rôles liés au dialogue et à la relation sociale, voire aux soins, la présence sur les réseaux sociaux pouvait également être un avantage concurrentiel pour un établissement de santé vis-à-vis des autres, notamment pour les maternités. Est-ce un angle que vous avez également abordé dans votre réflexion sur la présence du CHRU de Lille sur les réseaux sociaux et sur Facebook en particulier ?

Pas directement, en tout cas pas en ces termes. Nous nous plaçons dans une démarche d’information et d’échange ; d’information avec le site institutionnel et d’échange avec les réseaux sociaux. L’aspect marketing ne rentre pas en ligne de compte dans notre réflexion.

Très concrètement, et alors que Jeanne de Flandre est la maternité de référence pour la région, nous proposons peu d’informations sur cet établissement et c’est un reproche qui nous est souvent fait sur les forums de futures mamans. C’est pourquoi nous sommes en train de réaliser un site internet dédié pour Jeanne de Flandre. Ce travail est fait avec le pôle maternité, gynéco, néonatalité. Il s’agit bien d’un site spécifique et pas d’une page ou de quelques pages au sein du site institutionnel. Il va permettre de présenter l’ensemble de l’activité du pôle, les équipes, comment se déroule le séjour en maternité, ce qui peut être proposer en plus…

Plus généralement, l’hôpital, le CHRU peut être en concurrence avec des établissements privés. Mais nous ne souhaitons pas développer une communication concurrentielle. Ce que nous faisons c’est informer au mieux sur notre offre de soins auprès des patients et des médecins de ville. Une fois cette offre exposée, l’information diffusée, c’est au patient de faire son choix, avec son médecin traitant, le médecin de ville.

Sur des aspects plus opérationnels, plus pragmatiques, comment se répartit votre quotidien entre Twitter, les sites internet… ?

En résumé, Twitter, gestion et veille, c’est 1 à 2 heures par jour, soit environ 15% du temps. Les sites internet et intranet représentent 70% pour leur part à travers l’accompagnement des équipes et des services et le reste est consacré au multimédia. D’ailleurs c’est une activité qui tend à augmenter car nous avons un programme de multimédia au lit du patient.

Il s’agit de terminaux multimédias, des tablettes, qui remplacent progressivement les téléviseurs actuels. Les patients auront donc un terminal multimédia avec des applications liées à l’hôpital – son menu du midi par exemple, l’accès à la télévision évidemment, au téléphone mais aussi à internet et aux réseaux sociaux. C’est un projet important et structurant pour le CHRU car c’est un programme qui permet de communiquer vers les patients directement.

Du côté professionnels de santé, auront-ils accès au dossier patient via ces tablettes ?

Oui, c’est l’évolution principale qui aura lieu après le déploiement. On commence par le multimédia pour le patient et ensuite la solution permettra, via la carte d’établissement, aux professionnels de santé d’accéder aux données de chaque patient selon les profils prédéfinis et de façon entièrement sécurisée.

Visiblement, c’est un programme relativement long, avez-vous déjà une date pour le lancement opérationnel ?

Le déploiement du multimédia a déjà commencé. Le programme a été déployé en réanimation et à l’hôpital Pierre Swynghedauw, qui est spécialisé en réduction et soins de suite, donc là où les patients ont un séjour relativement long. Cette année, c’est Jeanne de Flandre qui va être équipée et l’ensemble du déploiement, sur tous les établissements, doit être réalisé pour fin 2014.

En termes d’usages 2.0 de ces tablettes, il existe une société, une start-up, Hôpital Affinité, qui propose aux établissements de santé de mettre en place, je résume, un réseau social, de type rencontre, intra-établissement, pour que les patients puissent communiquer d’une chambre à l’autre, non en fonction de leur pathologie mais plutôt selon leurs centres d’intérêt, leurs affinités… Est-ce que c’est une offre qui pourrait être déployée au sein du CHRU de Lille, via les tablettes multimédias ?

Je ne connais Hôpital Affinité que via leur compte Twitter et je ne suis pas certaine qu’ils savent que nous déployons un réseau de tablettes multimédias au sein des différents établissements du CHRU. Par contre, la démarche est intéressante et c’est une idée que j’ai déjà abordée, sans connaître Hôpital Affinité, au sein de la cellule multimédia. Nous avons donc déjà étudié la possibilité d’inclure un réseau social interpatients, que ce soit sous la forme d’un blog, d’un Facebook like…

L’avantage de ce programme de multimédia au lit du patient c’est qu’il permet de multiples usages. De l’éducation thérapeutique aux serious games, en passant par les associations qui interviennent à l’hôpital comme L’école à l’hôpital qui agit en pédiatrie, le support multimédia ouvre de nouvelles voies de communication, d’information, d’échanges.

Et ce programme a commencé à se déployer depuis combien de temps ?

À l’hôpital Swynghedauw, qui est notre site pilote, un premier projet est en place depuis environ 1 an et demi. Ce projet n’est pas tout à fait identique au projet final car le cahier des charges à évoluer selon le principe même de l’expérimentation.

À Swynghedauw, avec les professionnels de santé et le groupe de patients qui ont collaboré, nous avons pu tester en grandeur nature, avoir des retours et donc faire adapter les outils notamment aux handicaps physiques, que ce soit vis-à-vis de l’usage des tablettes tactiles, pour les malvoyants…

Pour finir et en m’adressant à @lafilleduweb et non plus à la chargée de communication multimédia du CHRU de Lille, quels comptes Twitter, sites internet… recommanderiez-vous ?

À titre personnel, je suis des comptes ou je m’intéresse à des pages santé, e-santé mais également à des comptes liés au développement du 2.0.

Il y a Choblab, @choblab sur Twitter et www.choblab.com sur le Web, que je suis de près. Il y a également le blog de Dix-Katre, dédié aux réseaux professionnels et aux médias sociaux, le compte Twitter de l’émission Allô Docteurs ou celui de Marie Burnier de la FHF. Il y’a également tous les comptes des médias régionaux du Nord Pas-de-Calais pour être informé de l’actualité locale et régionale, en santé et en général.

J’allais oublier, il y a bien sûr le compte Twitter de Clubster santé. C’est un cluster regroupant les entreprises du domaine de la santé et les rapprochant du CHRU via une convention. Nous travaillons sur différents projets avec eux, notamment la “chambre du futur”, le concept room. Actuellement, nous réfléchissons sur le “service du futur” qui va s’appliquer au service ambulatoire. Il s’agit de projets très concrets. Les entreprises travaillent sur des objets adaptés aux services de soins et créent un service dans une globalité avec, par exemple, un fauteuil adapté au séjour en ambulatoire des patients.

Dernière question : Comment tombe-t-on un jour dans la santé, un CHRU et le digital ?

La santé, j’y suis tombé un peu par hasard. Après des études de communication globale, et alors que j’étais en poste à la chambre des métiers, j’ai eu l’opportunité de rejoindre le service communication du CHRU pour prendre, notamment, en charge les sites intranet et internet. Dès le départ, j’ai été enthousiaste. Je me suis : “Un hôpital ça communique, mais ça communique quoi, vers qui ?”. La découverte a été passionnante et l’est toujours. Si ce n’est une passion, ce n’en est pas loin.

Pour retrouver :

• Le CHRU de Lille sur le Web, c’est par ici et sur Twitter par ,

• Jessy Loriaux sur Twitter, son compte est tout simplement @lafilleduweb.

Illustration photo : Multimédia au lit du patient, crédit photo : A. Vanderhaegen – CHRU Lille

Laurent Mignon
 

Discussion (13)

There are 13 responses to “CHRU de Lille : 2.0 et multimédia, une même démarche tournée vers les patients”.

  1. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  2. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  3. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  4. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  5. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  6. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  7. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  8. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  9. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  10. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille. Au programme, la place du 2.0 à l’hôpital, la stratégie digitale du CHRU et les grands projets en cours.  [...]

  11. [...] Dans notre série “hôpitaux, Web et 2.0”, après la rencontre avec la CM de Necker-Enfants malades, discussion avec Jessy Loriaux, chargée du multimédia et CM au CHRU de Lille.  [...]

  12. [...] Twitter, un espace de conversation pour le CHRU de Lille [...]

  13. [...] Twitter, un espace de conversation pour le CHRU de Lille [...]